LA VOIX : le titre de cet album n’est pas seulement une référence à la première mélodie que l’on y entend, mais un hommage plus général à cette voix que Patrick Burgan a magnifiquement honorée tout au long de ses œuvres, ainsi qu’à la voix aujourd’hui éteinte des grands écrivains qui les ont nourries.
Dans un récital de mélodies la voix est souvent seule. El le peut aussi se dédoubler, comme avec le violon qui prend ici le temps d’une courte pièce pour converser avec sa sœur soprano. Il en est une, toutefois, qui prend une large place et dont on aurait tendance à oublier la vocalité particulière :
c’est celle du piano !
Aussi, quel le plus bel le introduction pour un disque consacré à la voix, que cette longue et douce mélopée pianistique qui suscite l’étonnement admiratif de la chanteuse : « Qui chante là ?» La poésie de Philippe Jaccottet, sous son apparente simplicité, nous ouvre des horizons immenses sur le monde, ses apparences et sa réalité cachée. La voix de son poème est impalpable, inaccessible. Elle est comme « l’invisible oiseau ». Il faut être patient, écouter l’intimité du silence. La voix dont on parle ici n’est pas celle que l’on entend ; le piano lui-même n’en est qu’un miroir déformant. Seul le silence nous la laisse deviner. Et « seul peut entendre le cœur »…
La poésie romantique est très présente dans le catalogue des oeuvres de Patrick Burgan, où Victor Hugo tient une place de choix.
Cet enregistrement nous offre la quasi-intégralité des œuvres que le compositeur a dédiées à ce genre ; un genre qu’il a il lustré avec un soin et un amour extrêmes.
L’architecture de chacune des mélodies – même la plus simple – s’appuie sur tout un réseau de symboles qui vient cimenter le travail minutieux de construction ; à titre d’exemple, citons l’utilisation récurrente des lettres (Hugo, Bergerac, etc.) pour l’élaboration des cellules mélodiques, conférant ainsi à chaque pièce, ou chaque cycle, une identité particulière, un visage très reconnaissable. C’est là que réside une des singularités de la musique de Patrick Burgan dont l’obsession est de toujours veiller à l’identité quasi-biologique de ses œuvres où une petite cellule génératrice gouverne organiquement la lente éclosion de l’entité musicale.
Joëlle Boulanger
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